Guérisseur au Québec : ce que la loi permet, et ce que je m'interdis

Dernière mise à jour : il y a 4 jours

« Est-ce que c'est légal, ce que vous faites ? »
On me pose la question souvent, parfois avec méfiance, parfois avec inquiétude. Je la comprends. Au Québec, le mot guérisseur fait encore peur. Alors je vais vous répondre franchement, textes à l'appui, et sans rien cacher de ce qui m'est arrivé.
La réponse courte
Je ne suis pas médecin, et je ne fais pas ce que la loi réserve aux médecins. Je ne pose aucun diagnostic. Je ne prescris rien. Je ne touche jamais à vos traitements. Je travaille toujours en complément de votre suivi médical, jamais à sa place.
C'est la ligne que je me suis donnée depuis le début, et elle n'a pas bougé.
Ce que dit la loi
Je ne suis pas juriste. Mais voici les textes sur lesquels je m'appuie, et je vous invite à les lire vous-même.
La Loi médicale du Québec, à son article 31, définit l'exercice de la médecine. Il commence ainsi : « L'exercice de la médecine consiste à évaluer et à diagnostiquer toute déficience de la santé ». L'article réserve ensuite aux médecins des activités comme diagnostiquer une maladie ou prescrire des traitements. C'est exactement ce que je m'interdis.
Le Code civil du Québec, à son article 10, dit : « Toute personne est inviolable et a droit à son intégrité. » Et l'article 11 précise que nul ne peut être soumis à des soins sans son consentement. Pour moi, ça va dans les deux sens : personne ne doit vous imposer un soin, et c'est vous qui choisissez ceux que vous voulez recevoir.
La Charte canadienne des droits et libertés, à son article 7, garantit à chacun le droit « à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne ». Choisir comment on prend soin de soi, en complément de la médecine, fait partie de cette liberté, à mon sens.
Où passe la ligne, vraiment
Être guérisseur, magnétiseur ou coupeur de feu n'est pas interdit au Québec. Ce qui est interdit, c'est d'exercer la médecine sans être médecin. Le problème, c'est que la frontière entre les deux est beaucoup plus large qu'on le pense.
La Loi médicale ne parle pas seulement de diagnostiquer. Elle parle aussi de traiter les maladies et de soulager les symptômes. Et le Code des professions interdit d'agir de façon à laisser croire qu'on est autorisé à exercer la médecine.
En 2021, dans une décision qui opposait le Collège des médecins à un non-médecin, la Cour du Québec a précisé comment ces règles s'appliquent. Pas besoin de se dire médecin : des propos ambigus ou un vocabulaire médical répété peuvent suffire. Une mention comme « je ne suis pas médecin » ne protège pas. Et il n'est même pas nécessaire d'avoir voulu tromper qui que ce soit.
Je vais vous dire ce que j'en pense. Une loi écrite aussi large finit par prendre dans le même filet le charlatan qui promet de guérir un cancer avec un produit miracle et la personne honnête qui veut seulement apaiser une brûlure, en complément du médecin. Et c'est à elle de prouver qu'elle n'est pas un charlatan. On la protège, la population, ou on protège un monopole du soin ? Je pose la question.
En attendant, je fais ce que je peux : je pèse chaque mot, je ne promets rien, et je vous montre les faits plutôt que de les qualifier.
Et la décision de 2023 ?
Je ne vais pas l'esquiver. En 2023, une décision a été rendue contre moi à la suite d'une poursuite du Collège des médecins du Québec. Elle portait sur des formulations de mon site, que le Collège a interprétées comme pouvant laisser croire à des actes réservés aux médecins.
Aucune plainte de patient n'est à l'origine du dossier. Aucun préjudice n'a été démontré. L'enquête s'est faite à partir de mises en situation avec des clients fictifs, et la décision a été rendue en mon absence, sans que ma version soit entendue.
J'avais pourtant bâti mon site avec les conseils d'un avocat, et mon cadre y était déjà écrit. J'ai respecté les règles du mieux que je le pouvais, et ça n'a pas suffi. Je l'assume. Tout est expliqué sur ma page cadre éthique, décision de 2023 et reportage de JE.
Se soigner autrement, un droit à défendre
Au Québec, se soigner autrement reste fragile. Les approches complémentaires sont tolérées à la marge, puis montrées du doigt dès qu'elles deviennent visibles. Pourtant, se soigner, ce n'est pas seulement traiter un symptôme. C'est aussi retrouver le sommeil, l'élan, le goût de vivre.
Depuis 2010, j'ai vu des enfants retrouver leur énergie, des adultes sortir de la douleur, des animaux s'apaiser. Je ne fais pas de promesses. Je consigne ce que les gens me rapportent, avec les dates et leurs mots, dans mes cas documentés.
Je continuerai d'exercer, dans le respect de ma conscience et de ceux qui me font confiance. Pas pour m'opposer à la médecine. Pour rappeler qu'elle n'a pas l'exclusivité du soin.
Ailleurs, on ne se pose plus la question
Ce qui fait peur ici est banal ailleurs. À Genève, aux urgences des HUG, des soignants appellent des coupeurs de feu à distance, avec l'accord des patients. Je le raconte dans les coupeurs de feu et les hôpitaux de Genève. En France, des cancérologues voient leurs patientes en radiothérapie consulter un coupeur de feu, et le disent publiquement : je l'explique dans coupeur de feu et radiothérapie.
Je n'en tire pas de conclusion médicale. Je dis seulement que le débat québécois a du retard sur ses voisins.
Mes engagements, noir sur blanc
Je ne pose aucun diagnostic. Le diagnostic appartient à votre médecin.
Je ne prescris rien : aucun médicament, aucun produit à acheter.
Je ne vous demanderai jamais d'arrêter ou de modifier un traitement.
Je vous explique comment je travaille avant de commencer. Vous décidez, et vous pouvez arrêter quand vous voulez.
J'interviens toujours en complément de votre suivi médical, jamais à sa place.
Questions fréquentes
Ai-je le droit de vous consulter ?
Choisir de consulter un guérisseur en complément de vos soins relève de votre libre choix. Ce que je m'interdis, en revanche, c'est de faire ce qui appartient à votre médecin.
Allez-vous me dire d'arrêter mon traitement ?
Jamais. Si vous avez un doute sur un traitement, c'est avec votre médecin ou votre pharmacien qu'il faut en parler.
Dois-je dire à mon médecin que je vous consulte ?
Je vous y encourage. Certains médecins sont ouverts, d'autres moins. Mais votre équipe médicale doit savoir ce que vous faites.
Ouvert au dialogue
Je reste ouvert à tout échange sérieux avec des professionnels de la santé, des chercheurs, des juristes ou des journalistes qui veulent comprendre ma pratique, faits à l'appui. Écrivez-moi par ma page de contact ou sur WhatsApp au +1 450 613-9964.
.webp)



Commentaires