Coupeur de feu en Suisse après l’incendie de Crans-Montana

Dernière mise à jour : il y a 7 jours

Le 1er janvier 2026, vers 2 h 30 du matin, le téléphone sonne chez Claude-Alain Bitschnau, un coupeur de feu du Valais. Au bout du fil, le proche d'un blessé. Quelques heures plus tôt, le bar Le Constellation, à Crans-Montana, a pris feu en pleine nuit du Nouvel An.
Je connais ce genre d'appel. Depuis 2010, mon téléphone sonne à toute heure pour des brûlures, au Québec comme en Europe. Quand quelqu'un vous appelle à cette heure-là, il n'a pas besoin d'un débat. Il a besoin d'aide.
Un drame, et des familles qui cherchent de l'aide
L'incendie a fait 41 morts selon le dernier bilan, et plus d'une centaine de blessés. Beaucoup étaient des jeunes. Les grands brûlés ont été répartis dans plusieurs hôpitaux, en Suisse et jusqu'à l'étranger, faute de place.
Dans les jours qui ont suivi, des proches ont fait ce que les familles de Suisse romande font depuis des générations : ils ont appelé un coupeur de feu. Le quotidien Blick a raconté que M. Bitschnau avait déjà fait entre 30 et 40 soins, surtout à la demande de proches, par le bouche-à-oreille.
Ce qu'il a dit au journaliste, je pourrais le signer :
« Les soins que nous prodiguons ne peuvent avoir qu'un effet positif, c'est une aide, quelle qu'en soit l'origine. »
Et sur l'argent, il a été tout aussi clair : « Si un coupeur de feu commence tout de suite à vous parler d'argent, il faut être vigilant. » Pour une brûlure récente, je fonctionne de la même façon : je demande une contribution volontaire, rien de plus.
Quand la première question devient « faut-il se méfier ? »
Ce qui m'a frappé, c'est le ton de plusieurs médias. TF1 Info a titré : « Doit-on se méfier des coupeurs de feu ? ». Marie France parlait d'une « pratique controversée ».
La méfiance, je la comprends. Il y a des charlatans dans tous les domaines, et une famille en détresse est facile à tromper. Mais vous remarquerez une chose : la première question posée, c'est « faut-il se méfier ? ». Rarement « qu'ont vécu les blessés ? ».
Je vous le dis simplement : il n'existe pas d'étude scientifique solide qui explique ou démontre ce que je fais. Ce que je peux vous montrer, ce sont des cas datés, avec les mots des gens eux-mêmes, et des avis laissés sur des plateformes indépendantes. Les résultats varient d'une personne à l'autre.
Ce qu'en disent les soignants suisses
Les soignants, eux, ont été interrogés. En 2019, une étude menée au Centre des brûlés du CHUV, à Lausanne, a questionné 36 membres du personnel. Trente-trois jugeaient que la pratique peut être utile et soulager la douleur. Un seul la considérait dangereuse.
À Genève, les HUG remettent une liste de coupeurs de feu aux personnes qui la demandent. Je n'en fais pas partie : j'interviens de façon indépendante. J'en parle plus longuement dans mon article sur les coupeurs de feu et les hôpitaux de Genève.
Ça ne prouve pas que ça fonctionne. Ça montre que des équipes qui soignent des grands brûlés tous les jours ne voient pas ces appels comme une menace.
Ce réflexe, je l'ai vécu au Québec
Au Québec, j'ai connu ce même réflexe, en plus dur. En 2023, une décision a été rendue contre moi à la suite d'une poursuite du Collège des médecins du Québec. Elle portait sur des formulations de mon site, pas sur un geste ni sur une plainte de patient. Peu avant, l'émission JE m'avait tendu un piège en visioconférence.
Je raconte tout, sans rien cacher, sur ma page cadre éthique, décision de 2023 et reportage de JE. Les pays changent, mais la question reste la même : on doute avant d'écouter.
Personne n'est mieux placé que la personne brûlée
Ni un chroniqueur, ni un expert à distance. Ni moi, d'ailleurs.
Quand quelqu'un m'écrit « ça ne brûle plus », je ne prétends pas l'expliquer. Je l'écoute, et je le note. Et quand ça fonctionne moins bien, je le dis aussi. Le résultat ne m'appartient pas. Je ne suis que l'homme de service.
Si un de vos proches est brûlé
D'abord, les urgences. Un coupeur de feu ne remplace jamais les soins médicaux, encore moins pour une brûlure grave.
Ensuite, si vous voulez que j'intervienne à distance, écrivez-moi sur WhatsApp, de jour comme de nuit, au +1 450 613-9964. Envoyez-moi :
une photo de la zone touchée ;
ce qui s'est passé, et depuis quand ;
les soins en cours, s'il y en a ;
votre prénom et votre pays.
J'interviens en Suisse, en France, en Belgique et ailleurs dans la francophonie, toujours en complément du suivi médical. Pour savoir comment ça se passe concrètement, voyez ma page coupeur de feu à distance pour les brûlures et le zona.
Sources
Blick, « Les coupeurs de feu volent au secours des blessés de Crans-Montana », 5 janvier 2026
Blick, « Crans-Montana : les dates clés du drame », 30 janvier 2026
Paris Match Belgique, « Le bilan de l'incendie passe à 41 morts », 1er février 2026
blue News, transferts de blessés vers des hôpitaux étrangers (en anglais)
Marie France, « Des coupeurs de feu mobilisés pour aider les grands brûlés »
Étude du Centre des brûlés du CHUV, Annals of Burns and Fire Disasters, 2019
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